De nombreux chantiers se multiplient au sein de l’Euro-métropole de Strasbourg afin de préparer un futur post-pétrole et post-Fessenheim avec 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050.

Un chantier urbain de géothermie

C’est à quelques kilomètres au nord de Strasbourg, à Reichstett, que le site de l’ancienne raffinerie de pétrole est en pleine mutation. Une plate-forme, munie d’un bras sur vérins hydrauliques, est chargée de capter à 4.680m l’eau de la nappe phréatique à 220°C qui est la plus chaude de France à cette profondeur. Un sacré travail d’équipe puisque plus de 50 opérateurs travaillent sur cette machine afin de pouvoir creuser jour et nuit dans la croûte terrestre les tubes en acier pour former le puits de géothermie. Le forage va ainsi chercher de l’eau chaude qui va passer dans un échangeur et qui va former la thermie avant de repartir par la suite dans un deuxième forage.

Un projet incroyable qui devrait se terminer d’ici un an et qui est l’un des plus importants en Europe continentale. Par la suite, ces travaux permettront d’alimenter le réseau d’eau chaude et de chauffage de la métropole alsacienne. Au total, plus d’un tiers des 65.000 logements du parc HLM seront alimentés ainsi que les établissements publics, les maisons de retraite, les écoles, les hôpitaux… Un projet incroyable qui va venir combler de nombreux soucis et aider certaines personnes dans le besoin. Effectivement, cela va permettre à la population de réduire ses coûts puisque le prix d’une pompe à chaleur reste souvent élevé et inaccessible pour certaines personnes.

Une autonomie énergétique

L’Euro-métropole vise l’autonomie énergétique d’ici 32 ans afin de palier aux besoins de ses 33 communes et 500.000 habitants. Cela va permettre de concrétiser, au moins localement, l’Accord de Paris établi fin 2015 sur la lutte contre le changement climatique. En effet, cet accord voudrait diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050 à l’échelle mondiale. Mais Strasbourg va plus loin puisque, au-delà de ses 400 pompes à chaleur déjà opérationnelles, elle veut également se doter de centrales thermiques à base de déchets de bois et d’un projet de méthanisation pour ses 20.000 tonnes de déchets verts.

De plus en plus de métropoles souhaitent amorcer leur transition énergétique. C’est une belle avancée pour l’Hexagone qui semble aller dans le chemin de la révolution verte et de la lutte contre le changement climatique. On espère voir d’autres villes se développer et innover afin de permettre dans quelques années d’avoir une autonomie énergétique sur plus de la moitié du pays.